DGINO CANTIN
Les Manipulations (2009)

 

  photo: André Barrette Exposition présentée à VU, centre de diffusion et de production de la photographie, du 4 septembre au 4 octobre 2009.


"Connu pour sa production sculpturale ludique, Dgino Cantin présente sa première série photographique, réalisée à l’occasion d’une résidence de création au centre VU. À l’aide d’un numériseur, l’artiste capte les manipulations de ses sculptures portatives tenues entre ses mains gantées. Les déplacements, translations et rotations de ces objets hétéroclites et malléables génèrent des formes qui semblent liquéfiées par le balayage de l’appareil électronique. Dgino Cantin façonne ainsi un univers poétique personnel, dans lequel l’autoportrait s’introduit parfois discrètement."

Source: Alexis Desgagnés, coordonnateur aux communications.
   
Poète de l'objet, Dgino Cantin explore la sculpture par le biais du monde de l'usuel. Reliant entre eux des items du quotidien, il fabrique des œuvres «portables», voir malléables malgré leur forme incongrue.

Dans le projet Les manipulations, il utilise deux sculptures : une noire et l'autre blanche. L'une, hérissée d'aiguilles, semble évoquer l'ombre et les désirs impurs alors que l'autre, plus lisse, peut suggérer la légèreté et la pureté. Pour capter la poésie des objets en dualité, Cantin opte pour le numériseur et intègre du mouvement à la prise de vues. En enregistrant le geste qui déplace la sculpture sur la vitre, il remet en question la matière même dans laquelle l'objet a d'abord été conçu. Tantôt, l'élément solide semble se liquéfier entre les doigts gantés, tantôt, on croit qu'il se réfléchit dans un liquide opaque. La déformation qu'engendre la rotation ou le glissement créé un nouvel objet. Un objet encore plus étrange qui, se développant dans l'espace, dévoile plusieurs de ses angles à la fois. Greffant ainsi diverses personnalités au même item, l'artiste nous ramène à l'ambiguïté même des notions de bien et de mal. Jouant sur les effets de profondeur qu'offre la photographie et l'écrasement de la matière sur la «vitre-frontière», l'artiste interfère également avec nos référents visuels.

Créée lors d'une résidence à VU, cette série photographique se présente comme une recherche formelle qui donne un autre statut à l’œuvre intimiste, la faisant basculer dans un univers bidimensionnel et quasi monumental.


NADIA ROSS, Journaliste et artiste photographe
   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
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